| mercredi 28 février 2007, a 00:36 |
| La Fourmi et la Cigale |
La Fourmi, ayant stocké tout l’hiver
Se trouva fort encombrée quand le soleil fut venu :
Qui lui prendrait les morceaux de mouches ou de vermisseaux ?
Elle tenta de démarcher chez la Cigale sa voisine,
La poussant à acheter quelque grain pour subsister jusqu’à la saison prochaine.
« Vous me paierez, lui dit-elle, après l’oût, foi d’animal, intérêt et principal. »
La Cigale n’est pas gourmande : c’est là son moindre défaut.
« Que faisiez-vous au temps froid ? dit-elle à cette amasseuse.
-Nuit et jour à tout venant, je stockois, ne vous déplaise.
-Vous stockiez ? j’en suis fort aise : eh bien ! soldez maintenant. »
Françoise Sagan
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| mardi 09 janvier 2007, a 00:17 |
| Au-delà des nuages... |
"Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles" Oscar Wilde |
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| mercredi 22 novembre 2006, a 04:22 |
| "L'Homme à la Lèvre Tordue", Sherlock Holmes chez De Quincey... |
Bien avant Les experts, Sir Arthur Conan Doyle lança Sherlock Holmes, et son acolyte le Docteur Watson, sur des pistes mystérieuses… le choix de ce qualificatif n’est pas dû au hasard car « criminels » aurait été au combien trop réducteur pour les exploits du détective londonien. L’histoire de L’homme à la Lèvre Tordue est un bon exemple car l’épilogue ne mènera pas aux marches du palais.
Mais cet article a un tout autre objectif : l’intertextualité ou les clins d’œil de Doyle à De Quincey. Même si l’ignorance quant au deuxième n’est pas préjudiciable à la compréhension de l’action, le lecteur non-britannique perd un peu du plaisir, de la connivence avec l’auteur, qu’ éprouvent les « holmsiens » d’outre-manche. Je ne ferai que mettre en lumière quelques éléments et je vous recommande la lecture des Confessions of an Opium-Eater de De Quincey.
Dès les premières lignes de cette nouvelle, le narrateur fait allusion à ce dernier ; les traductions françaises amputent souvent De Quincey de sa particule, ce qui confirme son manque de notoriété dans notre pays. Il est implicitement fait référence à son œuvre plus ou moins autobiographique, la vérité nous échappera toujours. C’est l’opium qui mène Watson dans un « fumoir sordide » où il retrouve son ami Sherlock, tous deux à la recherche de quelqu’un. Si Watson découvre bien vite un mari en perdition, Holmes ne fait que débuter son enquête. Le tenancier du lieu n’est autre qu’un maltais que nous retrouvons dans les visions et autres chinoiseries que De Quincey expérimente sous l’effet du laudanum.
Notons qu’ Holmes entretient alors Watson de son affaire en cours et, non sans humour, lui précise qu’il n’est point consommateur d’opium mais de cocaïne!
La suite de l’histoire laisse à croire au lecteur qu’il n’entendra plus parler d’opium et autre De Quincey… erreur, Doyle nous envoie un dernier clin d’œil en fin de parcours. Dans l’épilogue, l’homme recherché par Holmes y explique comment, arrivé à Londres quelques années auparavant, il avait trouvé un emploi de journaliste dans un journal de la capitale. Or De Quincey a exercé ce métier et y fait largement référence dans ses Confessions.Je vous laisse le loisir de découvrir les autres échos entre les deux textes, je n’ai fait que souligner quelques éléments saillants de cette intertextualité. J’aurais aussi bien pu choisir E.A.Poe, Carlyle, Flaubert, Milton… |
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